Demi-journée d’accueil des internes de Haute-Gironde

En mai dernier, le Contrat Local de Santé (CLS) de la Haute-Gironde organisait pour la première fois une matinée d’accueil des internes en médecine générale de la Haute-Gironde.

Ce projet a vu le jour dans le cadre du groupe de travail CLS sur l’attractivité médicale dont l’objectif est de lutter contre la désertification médicale. Les membres du groupe souhaitaient ainsi promouvoir le territoire auprès des futurs médecins (internes et remplaçants) afin de leur faire connaitre la dynamique en Haute-Gironde.

La rencontre avait lieu à la citadelle de Bourg-sur-Gironde, lieu de visite incontournable pour sa vue exceptionnelle sur la Dordogne.

La matinée a débuté par un pot d’accueil permettant aux internes de se retrouver ou d’apprendre à se connaitre. Des médecins généralistes étaient également présents ainsi qu’un représentant de chaque communauté de communes.

La matinée s’est poursuivie par un tour de table des personnes présentes puis par la présentation de la Haute-Gironde. L’office de tourisme est intervenu pour la partie touristique, la coordinatrice du Contrat Local de Santé Haute-Gironde a poursuivi sur la partie vie de famille et loisirs puis sur la partie démographie médicale. Le centre hospitalier de Blaye et de Libourne ont respectivement fait une présentation de leur établissement et coopérations possibles avec la médecine de ville.

La matinée s’est terminée par un repas convivial avec des produits locaux (vin, agneau, asperges, …).

Tous les internes ont reçu un guide intitulé « S’installer en Haute-Gironde » qui reprend les éléments présentés à l’oral ainsi que les contacts des personnes référentes sur chaque communauté de communes et un référentiel des locaux disponibles à ce jour sur la Haute-Gironde.

Les internes ont apprécié la journée : 100% des internes recommanderaient cet événement à un co-interne. Plus de la moitié a indiqué être intéressée pour s’installer sur la Haute-Gironde suite à cette rencontre.

« J’ai apprécié la volonté de nous accueillir, de nous présenter la région et l’offre de soin en général. C’est très agréable de se sentir accueilli » (issu d’un questionnaire de satisfaction)

Cette rencontre a également permis d’en apprendre davantage sur leurs attentes en termes de pratique professionnelle, d’installation, de stages, …

La réussite de cette première édition valide la pertinence de l’action et incite à son renouvellement. Une présentation est ainsi prévue tous les 6 mois, dès l’arrivée de nouveaux stagiaires sur le territoire.

Bilan des actions financées par le CLS

Le Contrat Local de Santé Haute-Gironde est financé par les 4 communautés de communes de la Haute-Gironde ainsi que l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Ce budget permet de financer le poste de la coordinatrice du CLS ainsi que ses frais annexes.

En 2021, les présidents des communautés de communes ont souhaité utiliser une partie de ce budget pour aider à mettre en place certains projets issus des actions du Contrat Local de Santé.

Ce fonctionnement est inédit en Gironde. Il permet la concrétisation d’actions nécessitant un petit budget, souvent difficile à obtenir dans le cadre de campagnes de financements externes.

Bilan des actions 2021

Deux projets ont pu voir le jour en 2021 :

  • Transports de victimes de violences intrafamiliales à destination des unités médico-judiciaires de Bordeaux et Libourne (voir l’article)
  • Rencontres du GCS Santé Mentale : sensibilisation à la psychiatrie auprès des professionnels sociaux du territoire (voir l’article)

Ces deux projets ont pu être reconduits en 2022. Ils seront néanmoins réajustés tant au niveau financier qu’organisationnel afin d’améliorer cette offre auprès des bénéficiaires et des professionnels.

De nouveaux projets en 2022

Pour cette année, quatre nouveaux projets viennent s’ajouter aux projets 2021 reconduits :

  • Demi-journée d’accueil des internes de médecine : cette demi-journée a pour objectif de présenter le territoire de la Haute-Gironde aux nouveaux stagiaires à la fois au niveau des structures sanitaires et sociales mais aussi au niveau de la vie touristique, culturel et des loisirs. Un document « S’installer en Haute-Gironde » a été créé dans ce contexte, il sera distribué à tout professionnel qui souhaite s’installer sur ce territoire.
  • Consultations psychologiques pour les victimes de violences intrafamiliales (voir l’article)
  • Forum Mom’En Famille de Haute-Gironde : depuis 2022, le territoire organise un forum à destination des parents d’enfants de 0 à 6 ans pour proposer des activités aux enfants mais également des stands de professionnels ou associations pour informer les parents. Chaque année le forum aura lieu sur une communauté de communes différente.
  • Projet CEPA(h)GES : ce projet concerne la réduction de l’utilisation de pesticides dans les pratiques viticoles (voir l’article). Ce financement permet de recruter un poste de conseiller viticole pour coordonner et mettre en œuvre le plan d’actions.

Les membres réfléchissent à la possibilité de pérenniser ce financement particulier sur les prochaines années du CLS.

Soutien individuel psychologique pour les victimes de violences intrafamiliales

La Haute-Gironde est un territoire régulièrement touché par le fléau des violences intrafamiliales. Les violences engendrées, qu’elles soient physiques et/ou verbales, ont un impact psychologique sur la victime. En effet, la nécessité de soins psychiques pour ces personnes n’est plus à démontrer.

A l’heure actuelle, la Haute-Gironde ne dispose pas de permanences dédiées à la prise en charge psychologique des victimes. Sans moyen financier pour accéder à une psychothérapie en libéral et en l’absence de solution de mobilité, il est impossible pour les victimes de bénéficier de soins psychiques. C’est alors la double peine pour ces personnes qui ont subi des violences et qui ne peuvent se reconstruire à cause d’un manque d’offre sur le territoire.

Grâce au co-financement des communautés de commune de la Haute-Gironde, le Contrat Local de Santé a souhaité s’investir auprès de ces personnes en finançant des consultations psychologiques pour toute victime de violences intrafamiliales. Des partenariats ont ainsi été créés avec les psychologues libéraux du territoire.

Le conventionnement avec les psychologues libéraux

Un courrier a été adressé aux 30 psychologues du territoire afin de les solliciter pour participer à ce projet. 12 psychologues ont répondu à l’appel en signant la convention de partenariat. Cette dernière impose aux psychologues de proposer un rendez-vous dans les 21 jours suivant la demande. En contrepartie, l’association s’engage à rémunérer le psychologue à hauteur du tarif qu’il pratique en libéral.

Les professionnels recrutés ont des profils variés : spécialisation en thérapie familiale, formation à la sexualité, thérapies ICV et EMDR (prise en charge des traumatismes), praticien de la relation d’aide, praticien de l’hypnose, …

Comment se fait la demande ?

Tout professionnel identifié comme personne orienteur du dispositif peut réaliser une demande auprès du Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde. L’orientation se fait via une fiche navette qui permet de recueillir les principaux éléments de la demande (nom du bénéficiaire, numéro de téléphone, motifs de la demande, suivi par l’intervenant social en gendarmerie).

Il n’y a pas d’évaluation sociale réalisée, le professionnel doit juger par lui-même de la pertinence de prise en charge en fonction de la précarité de la situation – même si la notion de précarité reste encore subjective.

Le psychologue est désigné exclusivement par le futur bénéficiaire. La coordinatrice du CLS prend alors contact avec le professionnel afin de confirmer la possibilité de rendez-vous. Elle fait ensuite le lien avec le professionnel orienteur.

Il n’y a pas de nombre de séances identifié. Néanmoins, la prise en charge globale ne peut excéder 600 euros. Il revient ensuite au psychologue d’adapter le nombre de séances en fonction des besoins de la personne.

Un réseau de psychologue en construction

La mise en œuvre du projet a permis aux psychologues de se rencontrer et d’échanger sur le sujet des violences intrafamiliales. De cette rencontre a émergé le besoin de faire du lien entre psychologues libéraux et de maintenir ces temps d’échanges en tant que groupe de supervision.

Ce réseau est essentiel pour les partenaires de la Haute-Gironde car il permet de travailler en cohérence sur le territoire et d’orienter au mieux les victimes.

Enfants témoins, enfants victimes

Des demandes ont déjà été faites, elles concernaient des femmes mais aussi leurs enfants qui ont été témoins de ces violences. En effet, selon un décret paru en novembre 2021, les enfants exposés aux violences intrafamiliales sont désormais considérés comme victimes et non plus comme seuls témoins des faits.

Lancement du projet « Prévention COVID 2021 » pour les jeunes et leurs parents

Le Réseau Santé Social Jeunes du Libournais, le Conseil Local de Santé Mentale du Grand Libournais et le Contrat Local de Santé Haute-Gironde ont répondu à un Appel à Manifestation d’Intérêt de l’Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine intitulé « Prévention COVID 2021 ». Récemment, l’ARS a annoncé la recevabilité du projet et son financement à hauteur de 85 000 euros sur un total de 94 000 euros.

L’objectif de ce projet est de mener des actions pour renforcer les facteurs de protection individuelle auprès des jeunes (11-25 ans) et de leurs parents. En effet, la crise sanitaire et ses mesures restrictives ont eu un fort impact psychologique sur la santé mentale des jeunes mais aussi de leurs parents. De nombreux acteurs sociaux, médico sociaux et sanitaires constatent une majoration des troubles anxieux et des pensées suicidaires (avec notamment une augmentation des cas de décompensation psychique intense et soudaine), des comportements plus agressifs, une augmentation des demandes de prise en charge (CMP, psychologues, PAEJ…), des difficultés relationnelles parents/enfants et une augmentation des conduites addictives et de dépendance.

Le projet s’est construit sur deux territoires : le Grand Libournais et la Haute Gironde qui relèvent de la même sectorisation psychiatrique rattachée au Centre hospitalier de Libourne. Les objectifs sont donc les mêmes :

  • Améliorer le repérage des personnes en difficulté psychique pour prévenir l’aggravation des troubles
  • Permettre aux publics de s’exprimer sur leur vécu face à la crise, favoriser le partage d’expérience entre pairs et lutter contre l’isolement des jeunes et des parents
  • Promouvoir la santé mentale et aider à développer des formes de résilience
  • Prévenir la rupture des parcours scolaires et d’insertion socio-professionnelle
  • Soutenir le rôle et la fonction parentale
  • Co-construire avec les publics cibles et les acteurs des territoires une feuille de route opérationnelle précisant les modalités d’actions pour agir sur les impacts psychologiques liés ou non aux effets de la crise sanitaire.

Pour répondre à ces objectifs, les professionnels ont réfléchi à la mise en place de plusieurs actions :

1. Renforcement des actions de soutien individuel sur le territoire du Grand Libournais

Il s’agit d’un renforcement du temps de soutien individuel psychologique sur les lieux de permanence du Réseau Santé Social Jeunes du Libournais. Cette action n’aura pas lieu sur la Haute-Gironde.

2. Développement du soutien et des échanges collectifs

10 à 12 ateliers de groupe par territoire seront organisés pour mettre en place des temps d’échange et de partage sur l’état d’esprit actuel des jeunes et leurs parents auquel s’ajoutera un objectif de promotion de la santé mentale. Ces ateliers donneront lieu à plusieurs créations artistiques de la part des participants.

3. Espaces d’échange de pratiques professionnelles

Cette action concerne le soutien aux équipes dans leur évolution des pratiques auprès du public impacté par la crise sanitaire. Ces ateliers d’échanges de pratiques professionnelles permettront de valoriser et de partager le travail d’adaptation de ces acteurs, de recenser l’émergence de besoins et de co-construire des réponses face à ces problématiques.

4. Recueil de témoignages d’expériences et de vécu sous format vidéo

L’ensemble du projet et notamment des ateliers sera capté par vidéo afin de recueillir la parole du public. Ce support vidéo permettra de mettre en lumière les ressentis du public, leurs créations artistiques, les conseils en santé mentale prodigués par les différents intervenants ainsi que tous les moments forts de ce projet.

Le court-métrage pourra être valorisé comme un outil pédagogique : diffusion dans les collèges/lycées, dans le cadre des semaines d’informations en santé mentale, …

5. Organisation d’un évènement phare type « Etats Généraux de la Santé Mentale des jeunes et des parents en période COVID »

Pour clôturer ce projet, un événement phare sera organisé début 2023 pour présenter le bilan de ces travaux et définir des actions à long terme sur le territoire. Ces réflexions pourront alimenter les travaux du CLSM et du CLS.

Le comité de pilotage doit se réunir en janvier 2022 pour faire état de l’avancée des travaux et mettre en place les premières actions qui devraient voir le jour au deuxième trimestre 2022. Certains partenaires ont déjà manifesté leur engagement pour participer à ce projet notamment au niveau des ateliers d’échange collectif.

Le CLS et la lutte contre les violences faites aux femmes

Le 25 novembre est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En Gironde, plusieurs manifestations avaient lieu parmi lesquelles le Contrat Local de Santé et ses partenaires ont pu participer.

Le jeudi 25 novembre 2021, le Contrat Local de Santé Haute-Gironde et 5 acteurs engagés dans la lutte contre les violences intrafamiliales (gendarmerie de Blaye, intervenante social en gendarmerie, communauté de communes de l’Estuaire, APAFED et PTS Haute-Gironde) sont intervenus lors de la conférence organisée par le Département de la Gironde. Cette conférence intitulée « Les acteurs publics et associatifs se mobilisent en Gironde pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes » était à destination de l’ensemble des partenaires de la Gironde. Leur intervention a permis de mettre en avant la dynamique partenariale en Haute-Gironde et les nombreuses coopérations existantes. La conférence s’est terminée par un hommage aux victimes de féminicides sur la dalle de Mériadeck à Bordeaux.

Dans un deuxième temps, l’association Graine de Coop a organisé le mercredi 1er décembre 2021, une sensibilisation grand public sur les violences intrafamiliales en présence du CLS et de la maison d’Ella (CACIS). La coordinatrice du CLS Haute-Gironde a pu intervenir pour présenter les partenaires du territoire ainsi que leurs missions.

Vous pouvez consulter la fiche action 10 concernant la lutte contre les violences intrafamiliales : consulter la fiche action 10.

Café rencontre des aidants

Le Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde, en partenariat avec le Groupe d’Entraide Mutuelle En Parallèle, l’UNAFAM, le Département, l’AMSAD, l’ADAPEI, la MDPH, le Centre Hospitalier de Libourne, les Fées Papillons et la mairie de Saint-Christoly-de-Blaye, organise le premier café rencontre des aidants.

Ce café rencontre est né du travail engagé par les partenaires de la fiche action 9 du CLS dont l’objectif est de développer les ressources accessibles aux aidants de personnes souffrant de troubles psychologiques.

La première rencontre aura lieu le mercredi 6 octobre 2021 de 18h30 à 20h30 au Vox à Saint-Christoly-de-Blaye.

Pour cet événement, nous accueillerons la MDPH pour présenter l’accès au droit des personnes handicapées et faire un focus sur les aides apportées aux aidants. 

Des stands seront tenus par nos partenaires à l’entrée de la salle pour informer et renseigner les participants sur leurs missions et aides existantes en Haute-Gironde. Seront présents :

  • L’UNAFAM
  • Le GEM En Parallèle
  • La parenthèse des aidants de l’AMSAD
  • Les Fées Papillons
  • Le Département et la MDPH
  • Le Centre Hospitalier de Libourne

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des Semaines d’Information sur la Santé Mentale dont le programme de la Gironde sera très prochainement disponible. 

D’autres cafés rencontres seront organisés en 2022 afin de multiplier cet espace d’échange et de soutien pour les aidants. Ils auront lieu sur différentes communes de la Haute-Gironde.

Les Rencontres du GCS Santé Mentale

Dans l’axe 2 Santé Mentale du CLS Haute-Gironde, les partenaires ont souhaité développer la formation et sensibilisation des professionnels au domaine de la psychiatrie face à une méconnaissance du public mais aussi des services psychiatriques du territoire.

Le CLS a mis en place un partenariat avec le Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) santé mentale, handicap, vieillissement et précarité du territoire du Libournais. Ce groupement s’inscrit dans le cadre d’une coopération entre tout organisme ou association intervenant en matière de santé mentale, notamment pour la prévention, le diagnostic, le soin ou la réadaptation et réinsertion sociale, afin d’améliorer la lutte contre la maladie mentale et d’optimiser les moyens existants.

L’une des missions du GCS est de mettre à disposition des infirmiers coordinateurs qui peuvent intervenir auprès des structures de santé et médico-sociales pour accompagner et étayer les équipes dans les prises en charge des personnes atteintes de pathologies psychiatriques.

Ce soutien a pour objectif final d’améliorer la prise en charge des usagers atteints de pathologies psychiatriques. Cela favorise le maintien au domicile ou en institution ainsi que la fluidité et la continuité du parcours de santé.

Les infirmiers du GCS ont ainsi la possibilité d’intervenir dans des réunions d’équipe de manière ponctuelle afin d’apporter leur expertise dans le traitement des situations cliniques. Ces interventions ont été expérimentées sur le territoire et ont connu un large succès incitant ainsi les partenaires à développer cette action.

Pour soutenir ses partenaires, le CLS s’est donc engagé à financer environ 9 interventions du GCS Santé Mentale auprès des structures du territoire jusqu’en début d’année 2022.

Modalités d’intervention : 

  • Intervention d’environ 3h
  • Groupe de 10 à 13 personnes 
  • Sujets de discussion : initiation en psychiatrie, situations de crises et de violences, présentation de situations cliniques, procédures d’orientation, …
  • Formations possible (proposées dans le cadre du GCS) : initiation à la psychiatrie, les crises et violences, prévention du suicide, modes d’hospitalisation, les délires, sexualité et institution, psychotrope et personnes âgées, exhibition et déficience, et déni du trouble.


L’objectif est de répondre aux besoins des équipes et donc de mettre en place des rencontres « à la carte ». L’ordre du jour de chacune de ces rencontres sera ainsi construit en amont avec les responsables de service afin de répondre aux besoins des équipes.

Ces rencontres permettront également d’identifier les besoins globaux des professionnels de la Haute-Gironde en termes de santé mentale et prévoir des actions en ce sens pour 2022.

Ce projet est en lien avec la fiche action 7 de l’axe 2 du Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde.

Aide à la prise en charge des victimes de violences intrafamiliales

En Haute-Gironde, la mobilité est un véritable frein à l’accès aux soins. Certains dispositifs du territoire proposent de financer des transports pour les personnes sans moyen de mobilité (transport à la demande des communautés de communes, Réseau Santé Social de la Haute-Gironde, chèque Sortir Plus de l’AGIRC-ARRCO, …). Mais ces transports sont soumis à plusieurs critères qui ne permettent pas aux citoyens d’y accéder dans toutes leurs démarches de soin.

Dans le cadre des violences intrafamiliales, plusieurs partenaires dont la gendarmerie ont identifié la difficulté des victimes à accéder à certains soins faute de moyen de mobilité notamment pour la réalisation des examens médico-légaux. Ces examens, réalisés par un médecin légiste, sont essentiels pour constater d’éventuelles blessures physiques et/ou psychologiques dans le cadre d’un dépôt de plainte.

En Haute-Gironde, les victimes sont orientées vers le CAUVA du centre hospitalier universitaire de Bordeaux ou vers l’unité médico-légale du centre hospitalier de Libourne. Au-delà de la réalisation des examens médico-légaux, ces unités permettent d’offrir un accompagnement pluridisciplinaire aux victimes (psychologue, puéricultrice, assistant socio-éducatif, …).

Afin d’aider ces victimes dans leur parcours de prise en charge, le CLS (via le financement accordé par les communautés de communes et l’ARS) propose de financer une dizaine de transport sur la fin d’année 2021 pour toute victime de la Haute-Gironde sans moyen de mobilité qui doit se rendre sur ordre judiciaire dans l’une de ces unités.

Ces transports ont pu se mettre en place dès juin 2021 grâce au partenariat du Réseau Santé Social de la Haute-Gironde (porteur du CLS) avec deux sociétés de transport. Via la fiche navette du Réseau, la gendarmerie de la Haute-Gironde peut ainsi faire une demande de transport auprès de l’une de ces sociétés. Le transport est pris en charge intégralement par les financements du CLS.

Le CLS réfléchit à pérenniser cette action pour les prochaines années.

Mise en place d’une étude sur les femmes victimes de violences en Haute-Gironde

Aujourd’hui, les violences intrafamiliales constituent un phénomène d’ampleur. Le nombre de victimes de violences intrafamiliales continue fortement de s’accroître en 2020 : +9 % après des hausses de +10 % en 2018 et +14 % en 2019 (Insécurité et Délinquance en 2020 – bilan statistique).

En 2020, la Haute-Gironde a enregistré 364 victimes de violences intrafamiliales soit 1 victime par jour. Cette même année, la gendarmerie a réalisé 668 interventions pour motif de violences intrafamiliales. En 3 ans, le nombre d’interventions a augmenté de 88% (Source : Compagnie de Gendarmerie de Blaye).

Les femmes sont majoritaires parmi les victimes de violences intrafamiliales enregistrées (85 %) mais 18% seulement de ces victimes déposent plainte.

La création d’un Observatoire des violences sexistes et sexuelles en Nouvelle-Aquitaine

L’association de recherche ARESVI a été mandatée par la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité et par la Région Nouvelle-Aquitaine afin de mettre en place un Observatoire des violences sexistes et sexuelles en Nouvelle-Aquitaine.

Ses objectifs sont de construire un diagnostic partagé sur la question des violences faites aux femmes, de mutualiser les outils et les bonnes pratiques, et d’expérimenter de nouvelles solutions. 

Un premier diagnostic territorial a été réalisé à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine (à consulter) et a mis en avant des zones d’ombre dans la prise en charge des femmes victimes de violences :

  • Le public étudiant
  • Les zones rurales
  • Les personnes en situation de handicap
  • L’harmonisation des données associatives
  • La question de la mobilité des femmes victimes de violence
  • Les femmes « à réputation »

Des difficultés plus grandes pour les femmes victimes de violences en milieu rural

En 2011, l’Association Parole de Femmes de la ville de Gaillac a rassemblé 11 associations afin de réaliser une étude sur la situation de 730 femmes en 2011/2012 et 1134 femmes en 2014 (Les violences faites aux femmes en milieu rural, une étude en Midi-Pyrénées et en Pays de la Loire, 2017).

Il est ressorti que les femmes en milieu rural faisaient face à des difficultés plus grandes du fait des spécificités de leurs conditions de vie : méconnaissance des droits, du numéro d’écoute national, difficulté à déposer plainte, disparité territorial dans l’accès aux aides, précarité financière, …

En 2018 et 2020, l’enquête ARESVI a montré qu’en milieu rural, les femmes désireuses de quitter leur conjoint ont peu de structures spécifiquement dédiées.

Une étude sur les femmes victimes de violences en Haute-Gironde

Face à ce constat, une étude sur les femmes victimes de violences en milieu rural en Nouvelle-Aquitaine va être lancée. Elle aura pour objectif de recueillir des données sur les parcours de vie des femmes vivant en dehors des zones urbaines.

La responsable de l’étude, Johanna Dagorn, se focalisera sur quelques territoires dont celui de la Haute-Gironde. Elle proposera aux partenaires de la Haute-Gironde, qui accompagnent ces femmes victimes de violence, de les rencontrer en entretien collectif afin d’échanger avec eux sur leurs missions. Des rencontres avec les victimes seront également organisées pour recueillir leurs témoignages et échanger avec elles sur leur milieu de vie.

Présentation de l’étude auprès des partenaires de la Haute-Gironde

Le Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde organise une présentation de cette future étude en visioconférence.

Depuis plusieurs années, un groupe de travail se réunit afin de réfléchir ensemble aux actions pouvant être menées pour prévenir et lutter contre les violences intrafamiliales. Ce groupe, désormais porté par le Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde et piloté par la communauté de communes de l’Estuaire, compte plus d’une quarantaine de participants.

L’ensemble de ces partenaires est donc invité à participer à la présentation de cette future étude.

Visioconférence le jeudi 8 juillet 2021

De 9h à 10h

Pour en savoir plus sur les violences intrafamiliales :

Consulter la fiche action 10 de l’axe 2 du Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde

Résultats questionnaire CLS sur les impacts de la crise sanitaire

En décembre 2020, le Contrat Local de Santé de la Haute-Gironde a lancé auprès de ses partenaires un questionnaire sur les impacts de la crise sanitaire.

Les objectifs étaient de :

  • Identifier l’ensemble des problématiques mises en exergue par la crise
  • Recenser les initiatives individuelles et collectives pendant cette période
  • Identifier les perspectives futures de travail en fonction des besoins des publics, territoires et partenaires ainsi que la place du CLS durant cette période

Ces résultats ont permis de dresser un bilan général des impacts de la crise sur la population de Haute-Gironde, mais également de réfléchir à la priorisation des actions du CLS pour répondre aux problématiques du territoire.

Le questionnaire était constitué de 8 questions réparties sous 3 thématiques : les conséquences de la crise sanitaire, les initiatives individuelles et collectives face à la crise et, le bilan et les perspectives de travail.

Cette enquête a été diffusée le 7 décembre 2020 à l’ensemble des partenaires du CLS durant 6 semaines. Il y a eu 43 questionnaires retournés.

Les principaux résultats montrent :

  • Des conséquences sociales et psychologiques négatives pour la plupart des habitants
  • Des restrictions de déplacement, de regroupement qui ont créé une rupture ou du retard dans l’accès aux soins ainsi qu’une majoration de l’isolement social
  • Des problématiques accentuées pour les catégories de population les plus fragiles (personnes âgées, familles monoparentales)
  • Des initiatives locales qui ont permis de garder du lien avec les bénéficiaires
  • L’identification d’actions sur lesquels travailler davantage à savoir tout ce qui concerne les projets de santé mentale comme la prise en charge précoce des troubles psychiatriques et les violences intrafamiliales (axe 2).
Nuage de mots pour identifier le rôle du CLS dans cette crise sanitaire

Les partenaires ont également souligné l’intérêt du CLS dans le cadre de cette crise comme vecteur d’informations et de mise en relation des acteurs afin de développer les projets communs.